"Batik Kit": Racines et élévation, Chapitre I
LA BOUTIQUE EST OUVERTE VENDREDI 18 MAI ET SAMEDI 19 MAI 2012.
English version and informations for retailers, please clic here.
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Cette collection "capsule" a été conçue spécialement lors de mon séjour à Jojyakarta (île de Java, Indonésie) en mars 2012.
Ce voyage eut pour quête des textiles "lents" (tissus tissés à la main, techniques d'impression manuelles...)
Un retour aux origines du tissu, aux origines du vêtement, merveilleux complément aux techniques industrielles françaises habituellement employées dans mes collections, et merveilleuse contribution à mes réflexions sur le temps dans la matière et le travail de la main.
Les images ci-dessous ont été prises par Franciscus Dondy, photographe à Jojyakarta: http://dondydona.com/ et Armelle Bouret, photographe à Paris: http://armellebouret.com/.
Mes remerciements chaleureux vont à l'équipe de Winotostastro Batik, et aux danseuses Carole Lahille et Marie Barbottin.
Le batik est une technique d'impression javanaise.
Héritiers de techniques mises au point durant des siècles, les artisans de batik sont des trésors vivants aux gestes virtuoses alliants précision et régularité avec la souplesse, l'intuition et les variations manuelles qu'aucune technique mécanique ne sait imiter.
Ce sont des tissus vivants et généreux, porteurs d'une culture qui place la valeur d'un textile au-dessus de tout, le prix d'un sarong pouvant atteindre jusqu'à 4 à 5 fois le montant d'un salaire mensuel moyen.
I TECHNIQUE:
De la cire chaude est déposée temporairement sur le tissu afin de réserver les motifs ainsi dessinés avant trempage dans les bains de teinture.
Sois en traçant le motif à la main, sois en appliquant un tampon de cuivre:
Mon choix s'est porté sur une association des deux techniques avec le tracé des nuages et du sol à la main,
le placement des textures et les arbres de vie au tampon, corrigés et raccordés à la main.
Lorsque les motifs sont parfaitement dessinés à la cire, le tissu est teint:
La qualité des teintures est une question essentielle, sur le plan de l'environnement et de la santé publique. De nombreux tissus sont teints avec des composants polluants et néfastes pour la santé des ouvriers et des personnes qui porteront les vêtements. Ces substances présentes sur le marché international sont pourtant interdites en Europe depuis les années 80.
Les teintures que j'ai choisies grâce aux informations dispensées par l'atelier Winotosastro sont issues d'une technologie allemande respectueuse de la santé et de l'environnement (Dy Star).
Lorsque la teinture est fixée, les batiks sont plongés dans l'eau bouillante pour retirer la cire:
Avant d'être rincés à l'eau claire:
Ensuite, le batik peut être sur-teint d'une couleur plus claire pour ne pas conserver de blanc, ou bien de la cire peut être ré-appliquée pour apporter une deuxième, troisième couleur, selon de la complexité du dessin.
L'effet d'une couleur est très relatif. La teinte obtenue est tributaire de la météo, des dosages, du nombre de trempage...
Son appréciation est culturelle, et dépend aussi de la lumière du pays. La photo ci-dessous, est témoin de longues discutions autours des effets colorés avec Hani Winotosatstro, la chef d'atelier, prête à toutes les modifications qui pouvaient satisfaire mes critères personnels et occidentaux...
Voyez toutes les photos du process en cliquant sur ce lien: album photo "Process Batik"
II CREATION DU MOTIF:
M'inspirant du thème des arbres, et notamment du rapport entre "racines et élévation", j'ai conçu le design de mon batik comme un paysage, dont les frontières entre les éléments seraient floues, où le ciel pourrait apparaitre comme la mer, où la terre ne saurait être qualifiée de liquide ou de solide; Les arbres sont-ils des montagnes? Ou les montagnes sont-elles des arbres, ou bien encore des flammes? Avec, toujours en toile de fond, ma vaste thématique de la Femme Paysage...
Les motifs qui composent mon paysage sont des figures traditionnelles javanaises, porteuses de sens et d'histoires, ici agencées de manière personnelle.
Descendant de l'arbre de vie indien, le motif appelé Gunungan (de l'indonésien Gunung qui signifie montagne) ou encore Kayon (qui signifie la forêt ou la vie), figure dans tous les spectacles de wayang kulit, ou marionnettes traditionnelles:
Le Gunungan est utilisé pour signaler le commencement et la fin de la performance théâtrale, mais aussi pour marquer des émotions fortes, sa manipulation évoque le souffle créateur de l'univers.
Le Gunungan décrit donc un contexte d’espace et de temps lié aux éléments.
Il est constitué de 2 arbres enlacés, d'une maison, d'animaux et de démons.
Les deux arbres sont: ‘Nagasari’ qui pousse sur la terre, bénéfique à ceux qui profitent de son ombrage et ‘Dewandaru’ qui n’existe que dans le ciel et qui procure l’immortalité.
La maison synonyme de paix est cernée de deux gardiens, l'un de l'ombre, l'autre de la lumière.
Les nombreux animaux qui peuplent le Gunungan représentent les caractères des hommes.
Un autre motif est dérivé du "megamendung"
Ce motif porte le nom du volcan Megamendung situé dans la province de Cirebon (Java Ouest), il est inspiré des formes des nuages que produit le volcan en éruption ou bien des vagues, les mouvements de l'océan ou du ciel représentent la conscience des êtres humains.
III CREATION DES MODÈLES
Les modèles créés dans ce tissu suivent mes techniques de coupe élaborées au cours de mes 5 précédentes collections, ne générant aucune perte de tissu et respectueuses de ses qualités intrinsèques.
Pour cette collection spéciale, je vous propose d'inverser le cours des choses:
1° Vous choisissez votre sarong (coupon de tissu de 2m45 x 1m05)
- ils sont au nombre de 20, chacun est unique et numéroté-
2° Vous choisissez le, ou les modèles à réaliser à votre taille parmi les propositions suivantes:
Découvrez un choix plus large de photos en cliquant sur ce lien: album "Racines et élévation, Chapitre I".
Mardi 17 avril 2012
Après six semaines d'explorations à travers l'Ile de Java, Sumatra, et Singapour,
avec ma machine à coudre en guise de valise, à la rencontre d'arbres, de tissus, et de sourires,
Il me tarde désormais de partager avec vous ces aventures à travers de nouvelles créations.
L'atelier-boutique 34 r. des Petites Ecuries, réouvre ses portes à partir de mardi 17 avril, aux horaires habituels (13h-19h30).
Workshop à Singapour le 9 avril 2012
Kennel is a collaborative workspace for creative entrepreneurs; defined by who they are, not what they do.
Register here: http://sm002.eventbrite.com/
Printemps Eté: "La Nuheure"
Dans le sillage de la précédente collection 'l'Envol des Femmes aux Semelles de Vent", cette nouvelle collection a été pensée légère, évanescente, furtive et protéïforme à l'instar des nuages.
Une femme paysage nous livre ses déclinaisons chromatiques d'une journée d'été, elle tire son nom "La Nuheure" d'un ouvrage de Jacques Roubaud: Ciel et terre et ciel et terre et ciel:
«(...) la durée, au lieu d’être mesurée en minutes, en heures, en jours, le serait en nuheures; une «nuheure» serait le temps que mettrait le plus merveilleux des nuages à traverser le ciel. Et cette «nuheure» en fait s’allongerait indéfiniment, les nuages sans cesse ralentissant pour ne pas arriver au bout de leur course, pour ne pas quitter son regard, pour demeurer liés à lui dans le bonheur aérien, et la solitude partagée de la contemplation.»
Les photographies sont d'Armelle Bouret: www.armellebouret.com
Les illustrations sont de Chloé Sanson: www.chloesanson.com
Maythinie, Muriel et Angélique, coiffées par Gustavio, se sont prêtées au jeu de l'incarnation de la Nuheure.
Tous les modèles sont déposés à l'INPI.
Ils sont déclinés en plusieurs matières et coloris, rendez-vous à l'atelier boutique
pour faire votre expérience personnelle de "La Nuheure":
34 rue des Petites Ecuries, Paris 10, du mardi au samedi de 13h00 à 19h30
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Cinq heures dix sept du matin
Manteau Sensei Papillon en lin noir,
porté sur une jupe méharée en tissu de costume masculin noir à rayures blanches.
Cinq heures quarante six du matin: premières lueurs
Étole Kamarupa en coton et métal parme
(existe en coton et métal bleu indigo ou aubergine)
portée sur une Jupe Straelitzia Longue
«(...) jusqu’à ce que tout se noie dans une splendeur gris rose qui n’est plus la terre et
pas encore le ciel. En haussant le regard par-dessus l’indéfini qui nous entoure, nous
verrions surgir des nuages hauts et lointains, aux contours vaporeux, moelleusement pensifs.
Le soleil les illumine sans retenue, il hésite à leur sujet, les frôle, les effleure. difficile
d’imaginer des nuées moins voyantes, d’une beauté plus délicate et tranquille.»
Le Nuvolaire, Fosco Maraini
Six heures vingt deux: l'Aube
Cache- coeur 60 en viscose gris perle rayé de blanc
existe en noir, et en tweed noir et blanc.
Six heures vingt trois: l'heure de Rayleigh*
Jupe Soufflée en coton et métal rouge doublée de soie ivoire,
existe en coton et métal bleu indigo, aubergine ou parme.
* La lumière solaire est constituée de toutes les couleurs du spectre de la lumière visible. Les différentes couleurs du spectre ne sont pas toutes affectées de la même façon par le passage dans l'atmosphère. Certaines couleurs peuvent être absorbées et ré- émises par les molécules d'air : c'est la diffusion. Au lever et au coucher du Soleil, la lumière parcourt un plus long trajet dans l'atmosphère que lorsque le Soleil est à la verticale. La diffusion de la lumière est alors importante :elle traverse une épaisse couche d'air qui diffuse au maximum les photons de courte longueur d'onde (les bleues) et dépouille donc sa lumière de celles-ci. Quand elle nous parvient, elle nous paraît rouge. Le phénomène est spécialement spectaculaire lorsque l'air contient de très fines particules de poussière ou d'eau en suspension : elles réfléchissent la lumière dans toutes les directions. Rouge, rose ou orange...durant quelques dizaines de minutes, le ciel s'enflamme. Ce phénomène est appelé la diffusion de Rayleigh nom du physicien anglais qui décrivit ce phénomène en 1870.
Six heures cinquante huit
Six heures cinquante neuf
Sept heures quarante sept: petit jour
Robe Méharée en viscose gris perle à rayures blanches
existe en noir et en noir rayé de blanc
Dix heures dix huit: matinée
Manteau Bourgeon Court en lin stretch gris perle
+ étole tricotée main en laine de chevreaux angoras
«Elles se fondent (...) en ondes et vapeurs légèrement rosées, avec des ombres
à peine violettes et quelques soupirs de lumière plus claire (mais pas blanche),
dans une voûte céleste elle-même estompée.» Le Nuvolaire, Fosco Maraini
Midi une
Jupe Robe Sarong
en coton vert minéral, existe en lin noir.
«Et puis l’azur. Ce vieux mot de poète et de pilote (...): les paysages que le hasard
fait avec les nuages, leur attrait mystérieux et plus puissant que celui des terres
auxquelles on accoste, malgré la beauté perçue. La gloire du soleil sur la mer violette,
oui. Sous les yeux, ce faste sans prix et qui pourtant ne signifie rien, auquel, fût-on
Baudelaire, on ne peux accrocher au fond aucun mot qui tienne. Voyageur dont le désir
est en forme de nuage, rêvant de voluptés vastes, changeantes, inconnues, dont l’esprit
humain n’a jamais su le nom.» Philip Forest, Le Siècle des Nuages
Treize heures et cinq minutes: zénith
Quatorze heures cinquante deux
Jupe Robe Sarong en coton vert minéral (photo en version jupe)
portée avec un Gilet Stratus en jersey gris et blanc
Quatorze heures cinquante trois
Gilet Stratus en jersey gris et blanc
Dix sept heures vingt sept: fin d'après-midi
Etole Kamarupa en coton et métal bleu indigo
(existe en coton et métal parme ou aubergine)
+ pantalon delta en viscose gris perle rayé de blanc
+ top soufflé en crêpe de soie gris opale
«(...) quelques vagues mouvances de nuages effleuraient ses pensées en contrepoint de céruléens parfums chromatiques.» Le Nuvolaire, Fosco maraini
Dix huit heures vingt huit: demi-soir
Dix huit heures trente: soir
Pantalon Delta en viscose gris perle à rayures blanches
existe en noir, en coton bronze, et en coton kaki à rayures ocres
Dix neuf heures quarante sept: demi-jour
«Dans les nuages qui me surplombent, qui m’entourent et s’étalent à mes pieds(...), je vois -comme au plus profond de moi-même- une superposition, une conjonction et une disjonction ininterrompues d’éléments semblables ou antithétiques, de lumières et de ténèbres, de clarté et de mystère, de noblesse et de vulgarité, de générosité et d’égoïsme. Un océan dont je sais l’existence, dont je sens la convulsion continue, mais impossible à analyser en ses éléments propres car sitôt que ma pensée se saisit d’un de ceux-là, celui-ci est déjà différent de ce qu’il fut l’instant d’avant, libre et spontané. Mes idées s’immobilisent, s’irréalisent: les réelles se sont enfuies, fluides et impensées.» Le Nuvolaire, Fosco Maraini
Veste Lava en coton vert minéral doublé de soie ivoire
Vingt heures et sept minutes: soleil couchant
Etole Papillon en coton et métal parme
existe en coton et métal aubergine, en soie indigo et en soie opale
Jupe Chimère en coton et métal orange kaki
Vingt heures et huit minutes: l'heure de Rayleigh* bis
Vingt heures cinquante deux: crépuscule
«Avec mes yeux qui ont vu cela, les mêmes yeux, ma voix qui le dit, la même voix, me souvenant de ce spectacle magnifique- tous ces pays dont aucun n’égalait en splendeur le pur paysage vide du ciel parmi l’encombrement énorme des nuages réfléchissant la lumière du soleil. Avec cette certitude étrange (...) de pouvoir être partout et de ne se trouver nulle part. Semblable soi-même à une sorte de nuage soufflé par le vent. Pas grand-chose. A peine quelqu’un. Un touriste, en somme. Etant entendu que le tourisme est l’art de jouir du monde en passant. Comme la vie.» Philippe Forest, Le Siècle des Nuages
Vingt et une heures trente huit: dernières lueurs
Manteau Bourgeon Long en coton et métal rose argile
+ Robe Litham
Vingt deux heures et deux minutes: chute totale du jour
Robe Litham taupe gaufrée
«Le désert aussi, avec la couche continue des altocumulus, régulièrement ondulée et jaunie par le soleil, aux dunes parfaitement disposées comme celles que le vent du Sahara souffle et forme avec le sable. Sans que l’on puisse dire où se situe la réalité et où se situe son reflet. Si c’est le ciel qui imite la terre, comme un caméléon lové autours de la planète et tournant avec elle. Ou si c’est la terre qui imite le ciel, façonnant sa surface solide selon l’empreinte que laisse sur elle le spectacle d’en haut.» Philippe Forest, Le Siècle des Nuages
Vingt trois heures quarante cinq
Robe Nimbus en coton et métal aubergine doublée de soie indigo
«Lorsque du miroir plan, immobile, des eaux
Une brume soulève le tapis étalé,
La Lune, associée à l’ondoiement des phénomènes aériens,
Brille, fantôme créateur de fantômes,
(...)
Alors montent sur la montagne, vaste rassemblement,
Des traînées alignées, répandant une grande ombre
Sur les hauteurs moyennes, également enclines
A tomber en ondée ou à monter en vapeur aérienne.»
Goethe, La forme des nuages
Une heure quarante huit: nuit
Chemisier Sari en coton et métal aubergine
existe en coton et métal parme
Jupe Méharée noire à rayures blanches
Cinq heures douze: déjà demain
Jupe longue Straelitzia
+ top soufflé en crêpe de soie gris opale
«Il rêva qu’il descendait en barque une rivière, la rivière du temps;
et en même temps c’était le ciel.»
Jacques Roubaud, Ciel et terre et ciel et terre et ciel



















































































